2. Astrologie

Dernier ajout : 20 mars.

Ma rencontre avec l’astrologie s’est produite dans la mouvance d’un transit majeur de Pluton sur l’Ascendant dans les années 1984-1988 (avec le retour des Noeuds à 38 ans et le mi-cycle d’Uranus à 42 ans), entraînant une refonte complète de mon univers intellectuel et spirituel et se traduisant par une véritable renaissance. Cette mutation s’est produite, selon un mode typiquement uranien, à la suite du choc causé par la lecture de René Guénon, qui allait avoir pour moi une double conséquence durable : mon retour à une pratique religieuse dans le cadre de l’orthodoxie et ma découverte de la cyclologie traditionnelle puis de l’astrologie.

Mon apprentissage de l’astrologie s’est fondé d’abord sur le livre de Rumélius (Armand Barbault), puis sur divers cours et séminaires (avec Roselyne d’Ormesson, Yves Lenoble), avant de déboucher sur l’animation de stages en commun avec Philippe Lavenu et surtout à la collaboration à des revues à partir des années 1990 (L’Astrologue et Urania), lorsque j’eus découvert, grâce aux travaux d’André Barbault, l’existence de la mondiale.

L’astrologie n’est pas ma profession. Je suis médiéviste et j’enseigne la littérature française du Moyen Age à l’Université de Valenciennes. Ma thèse, publiée aux éditions Champion, porte sur l’ Evolution des études médiévales en France de 1860 à 1914 et je travaille, dans le cadre d’un groupe de recherches du Collège de France, à l’édition des correspondances des fondateurs des études de philologie romane en France dans la seconde moitié du XIXe siècle. Je m’intéresse en outre au roman arthurien et à la légende du Graal, ainsi qu’à la reprise, dans la littérature des XIXe et XXe siècles, des thèmes que l’on rencontre dans les romans de la Table Ronde. Par ailleurs, lecteur passionné de J.R.R. Tolkien depuis la découverte de son œuvre au milieu des années 1970, il m’a été donné, grâce à la proposition d’un éditeur, de rédiger sur son œuvre magnifique un ouvrage de synthèse paru en 2004, aux éditions Les Belles-Lettres sous le titre Tolkien, le Chant du Monde. A côté de cela, je voue depuis mon adolescence une profonde admiration envers la littérature russe, mon premier ouvrage (inédit) portait, en 1966, sur l’ Evolution des thèmes métaphysiques chez Dostoïevski, et je me propose de revenir dans les prochaines années à des travaux sur la littérature russe. Ma vocation, en astrologie, c’est la mondiale ! Passionné d’histoire dès mon enfance (Alexandre Dumas n’y est pas pour rien), j’ai été véritablement acquis à l’astrologie le jour où j’ai découvert l’existence d’une corrélation entre les astres et l’histoire. Mon premier maître fut le regretté Claude Ganeau, puis vint la rencontre avec André Barbault, avec l’œuvre d’abord, puis avec l’homme qui eut la générosité de m’ouvrir les colonnes de sa revue L’Astrologue où j’ai pu, durant les années 1990, faire mes premiers pas dans le champ exaltant, difficile et périlleux, de la prévision mondiale. La traduction - qui m’a occupé une année entière - de L’Astrologie mondiale due à nos confrères britanniques Charles Harvey, Nicholas Campion et Michael Baigent, m’a ouvert à toutes les dimensions de la mondiale, incluant des méthodes et des techniques telles que les mi-points et les harmoniques, les éphémérides graphiques et l’astrocartographie que j’ai maintenant intégrées à ma pratique courante, comme le font, de par le monde, les astrologues anglo-saxons, russes ou allemands. Ma connaissance des langues étrangères (anglais, allemand, russe) me permet de suivre régulièrement l’actualité de la recherche en mondiale et de nourrir ma réflexion et ma pratique de divers apports sans pour autant perdre l’enracinement dans le soc fondamental que constitue l’approche cyclique des phénomènes historiques telle que l’a développée André Barbault tout au long de son œuvre.

Mais ce qui m’intéresse dans la mondiale, plus que la prévision toujours aléatoire d’événements qui, par définition, sont inédits, c’est la compréhension en profondeur de l’histoire grâce à l’approche cyclique, dans la triple dimension d’une courte, moyenne et longue durée. Pour la longue durée, l’astrologie gagne à s’appuyer sur les grands historiens des civilisations (Toynbee, Pirenne, Braudel) ; pour la courte et moyenne durée, la prise en compte des acquis de la géopolitique - avec une école française actuellement en plein essor - est particulièrement stimulante. C’est cette interface entre astrologie mondiale et géopolitique qui féconde mes travaux actuels et qui sous-tendait mon premier ouvrage d’astrologie mondiale, paru en 2002 aux Éditions du Rocher, Evolution géopolitique du monde, 1980-2020.

Après la découverte de l’œuvre d’André Barbault puis la traduction de Mundane Astrology, la participation à Univers-Site a constitué une troisième étape dans mon cheminement en astrologie mondiale. Rien de plus stimulant que cette possibilité de suivre avec constance et régularité le déroulement des cycles des planètes lentes en relation avec leur inscription dans la pâte des événements terrestres, sans être limité dans le raisonnement et l’analyse par les contraintes de pagination des revues sur papier et par des délais de parution trop espacés. C’est devenu, au fil des mois, un « laboratoire » de recherche, qui est en même temps une sorte d’atelier de création picturale avec les schémas rendus possibles grâce aux logiciels et aux outils informatiques dont nous disposons aujourd’hui. Avec les cours de mondiale, qui débutèrent en septembre 2002, c’est une grande ambition qui recevait les moyens de se réaliser, et c’est à construire une véritable « cathédrale » que visaient les cinq cycles de douze modules chacun qui devaient, au long d’un cursus de cinq années, incarner dans un domaine particulier - la mondiale - le projet global d’une université astrologique alors porté par Univers-Site. Les objectifs d’un tel enseignement sont multiples : permettre de construire, sur la base de la logique évolutive des cycles planétaires, un raisonnement astrologique susceptible de donner sens aux événements de l’histoire, d’en mettre à jour les harmonies avec la grande symphonie céleste ; acquérir toutes les compétences techniques nécessaires à la pratique d’une astrologie mondiale ouverte aux apports de nos confrères du monde entier ; explorer, de façon systématique, l’histoire de France et l’histoire des civilisations ; poser enfin des jalons pour être à même d’intégrer les crises probables durant les décennies à venir dans une compréhension globale du processus historique. Enfin, la mondiale n’est pas un « domaine réservé », sans rapport avec les autres branches de l’astrologie. Il existe des ponts entre astrologie mondiale et astrologie individuelle, et notamment l’étude des aspects de génération, des configurations de lentes et des Nœuds lunaires communs à tous les natifs d’une période donnée. La connaissance de l’astrologie mondiale peut permettre d’ouvrir les êtres à une dimension collective à laquelle ne conduit pas suffisamment une approche par trop psychologique de l’astrologie. Le projet d’Univers-Site n’a pas entièrement abouti, mais il a porté des fruits parmi lesquels on peut inclure la mise en œuvre de ce site qui permettra, je l’espère, de poursuivre dans les années qui viennent un enseignement de qualité, gratuitement offert à qui veut bien en prendre connaissance. Un vœu, pour conclure : puisse toute cette activité susciter des vocations en mondiale, afin que continue de rayonner dans le monde une astrologie française qui a produit un maître tel qu’André Barbault, dont l’influence est incontestable et reconnue par nos confrères dans le monde entier.

Charles Ridoux
Amfroipret, 11 mars 2008

N.B. Ce texte est la reprise d’un article destiné à Univers-Site, intitulé « Parcours astrologique » et rédigé le 11 mars 2002, il y a six ans jour pour jour… Faut-il préciser que 20° des signes Mutables est au cœur de mon thème personnel ?