Tolkien et Le Seigneur des Anneaux

Colloque international d’astrologie - Lille – 10 juin 2006

Mardi 18 mars 2008, par Charles RIDOUX // 3. Tolkien - Čiurlionis

Tolkien et Le Seigneur des Anneaux

La relation entre un auteur et son œuvre par l’étude des thèmes astraux et des cycles planétaires

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Généralement, lorsque je suis invité à parler dans une rencontre astrologique, ce sont plutôt des sujets d’astrologie mondiale que l’on me demande de traiter. Et certes, en ce moment, les sujets graves ne manquent pas, avec les secousses politiques et sociales en France depuis novembre dernier et surtout avec la menace d’une intervention militaire en Iran, que j’ai eu l’occasion d’évoquer récemment dans une conférence à Bruxelles. Mais ici, à Lille, j’ai été prié de parler d’un sujet qui m’est particulièrement cher, puisqu’il s’agit de J.R.R. Tolkien et de son œuvre auquel j’ai consacré un livre paru en 2004 et intitulé Le Chant du Monde. Avec Tolkien, en fait, nous ne quitterons pas tout à fait le domaine de l’astrologie mondiale, puisque le Légendaire qu’il a porté en lui toute sa vie et qui est encore loin d’être accessible dans son intégralité au public de langue française traite des destinées de notre monde dans des Ages Anciens antérieurs à notre histoire mais où l’action des protagonistes de ces légendes héroïques évoque les tribulations des peuples et les choix difficiles des individus lorsqu’ils se trouvent engagés dans un Age sombre – comme l’est l’histoire de notre monde contemporain, en tout cas depuis la Première Guerre mondiale, sans chercher à remonter plus haut.

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En premier lieu, Tolkien nous apparaît comme un natif de la conjonction NE-PL de 1891-1892, et je le considère comme l’un des porteurs les plus remarquables, dans notre monde, de certaines des promesses contenues dans cette conjonction NE-PL qui ouvre un cycle de cinq siècles (la précédente s’était produite en 1399, à l’orée de la Renaissance et culminant à l’Age classique). Lors du Congrès en l’honneur du Centenaire de Germaine Holley à Paris, en octobre 2004, je présentais en ces termes les traits marquants du cycle inauguré au moment de la naissance de Tolkien :

Le nouveau cycle commence par un bouleversement des conceptions relatives à l’ordre physique du monde (théorie de la relativité d’Einstein, physique quantique), mais aussi des conceptions qui touchent à l’intériorité de l’homme (psychanalyse freudienne et psychologie des profondeurs de Carl-Gustav Jung), ou encore à la place de l’homme dans l’univers physique (lente prise de conscience de l’historicité d’un univers dont on postulait jusqu’alors l’éternité) ou dans son rapport à l’imaginaire (intérêt renouvelé pour les mythologies et les langues anciennes) ainsi qu’à la religion (sens renouvelé d’une Tradition primordiale présente, sous diverses formes, dans toutes les grandes religions de l’humanité).

Le Légendaire de Tolkien participe, à sa manière, à ce bouleversement des conceptions les plus profondes relatives à l’ordre du monde : une œuvre telle que le Seigneur des Anneaux et la mythologie qui le sous-tend (développée dans le Silmarillion) est proprement inconcevable avant l’entrée dans le nouveau cycle NE-PL qui a débuté en 1891. Dans une série de deux articles publiés dans les Cahiers d’Univers-Site [1], j’ai étudié le thème personnel de Tolkien et ses résonances avec le thème de parution du Seigneur des Anneaux, le jour de la Nouvelle Lune du 29 juillet 1954.

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Dans le thème natal de Tolkien, outre la conjonction NE-PL sur la cuspide de la M. IX en Gémeaux, on notera la position de SA à l’AS, celle de ME au FC et celle de VE en Verseau, au trigone de la conjonction NE-PL. Les thèmes des Harmoniques 5, 7 et 9 – inspirés des travaux de John Addey et de Charles Harvey – mettent en valeur diverses facettes du génie propre de Tolkien. Ces éléments sont développés dans mes articles d’Univers-Site et je n’y reviendrai pas ici.

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Ce que je voudrais présenter aujourd’hui, c’est l’exploration, à partir du développement du cycle NE-PL, de quelques dates particulièrement marquantes dans la vie et dans l’œuvre de Tolkien – en partant de la genèse même de son œuvre, en septembre 1914, avec le poème Eärendel, et en allant jusqu’à la sortie du film de Peter Jackson le 19 décembre 2001, qui a contribué à consacrer la gloire de Tolkien parmi les nouvelles générations tout en suscitant le risque de méconnaître l’œuvre réelle, occultée par les choix du cinéaste et déformée par le poids des images.

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On ne saurait dater au jour près la naissance d’une œuvre telle que le Légendaire de Tolkien. Sa mythologie, issue d’abord de la création de langues imaginaires, il l’a portée en lui sans doute durant son enfance et son adolescence. Mais c’est à l’année 1914 que Tolkien lui-même se réfère pour dater le début de sa mythologie, et quelques transits lents viennent éclairer, me semble-t-il, le climat dans lequel a éclos le monde imaginaire de Tolkien. Durant cette année, le mi-point NE-PL transite à l’opposé du SO, formant la combinaison NE/PL=SO qu’Ebertin traduit essentiellement comme le signe d’une fragilité physique, d’une grande sensitivité et du risque de tomber sous une emprise étrangère. Je serais tenté d’interpréter cette configuration comme le signe d’une sensibilité particulièrement vive à des intuitions créatrices dont le rayonnement ne se fera sentir pleinement que plus tard, lorsque le Légendaire se sera largement développé. Le deuxième élément est la conjonction d’UR à VE natale : un transit particulièrement favorable à la création artistique, qui a permis sans doute à Tolkien de passer des jeux philologiques de l’adolescence où il se plaisait à inventer toutes sortes de langues à la conception d’un monde visionnaire de première grandeur. De juillet à octobre, l’axe des Nœuds est stationnaire au carré de la conjonction natale NE-PL, ce qui connecte ce foyer de création visionnaire avec le monde extérieur. Enfin, de septembre à novembre, c’est le moment de la conjonction SA-PL au début du Cancer, qui vient activer le carré structurant ME-SA natal et qui se situe à proximité du MC de Tolkien.

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Ce tableau m’amène à proposer comme thème de naissance du Légendaire l’Ingrès du SO en Balance, le 22 septembre 1914. Cette date n’est pas purement arbitraire, car, dans l’œuvre de Tolkien, c’est à l’équinoxe d’automne que se produisent des événements de première importance : en effet, le 22 septembre est le jour anniversaire de Bilbo et de Frodo – respectivement âgés de 111 ans et de 33 au début du Seigneur des Anneaux, dont la somme forme le nombre parfait de 144, et il se trouve que le nombre des invités à ce fameux repas d’anniversaire est de douze douzaines ! C’est le 23 septembre que Frodo se met en route pour la grande aventure de l’Anneau ; et c’est le 21 septembre que Frodo, à la fin de l’histoire, quitte la Comté pour rejoindre les Havres Gris d’où il quitte la Terre du Milieu en compagnie de Gandalf, d’Elrond et de Galadriel. Soixante ans plus tard, c’est encore le 22 septembre que Samsagace quitte la Comté, laissant à sa fille Elanor le Livre Rouge qui consigne les hauts faits de la Guerre de l’Anneau. Ajoutons que Bilbo le Hobbit fut publié le 21 septembre 1937.

Dans ce thème hypothétique de naissance du Légendaire, le SO transite sur SA natal à l’AS, tandis que la conjonction SA-PL est au MC, à l’opposition de ME natal. VE est reliée de façon dynamique avec cet ensemble par des aspects dissonants. Tandis qu’UR transite sur VE natale, l’axe des Nœuds passe au carré de la conjonction natale NE-PL. Tous les facteurs clés du thème natal de Tolkien sont ainsi puissamment activés.

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La naissance du Légendaire correspond à la rédaction d’un poème auquel Tolkien avait donné d’abord le titre suivant : « Le Voyage d’Eärendel l’Étoile du Soir », qui devint ensuite : « Eala Earendel Engla Beorhtast », soit « Le Dernier Voyage d’Eärendel ».

Earendel se leva où coulent les ombresPrès de la bordure silencieuse d’OcéanPar la bouche de la nuit comme un rai de lumièreOù les rives sont raides et sombres.Il lança son esquif comme une étincelle d’argentDu dernier sable solitaire ;Puis sur le souffle ensoleillé de l’agonie enflammée du jourIl vogua loin des Terres de l’Ouest.

Éarendel arose where the shadow flowsAt Ocean’s silent brim ;Through the mounth of night as a ray of lightWhere the shores are sheer and dimHe launched his bark like a silver sparkFrom the last and lonely sand ;Then on sunlit breath of day’s fiery deathHe sailed from Westerland.

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Deux ans plus tard, l’année 1916 est marquée par deux grands événements dans la vie de Tolkien. D’abord, il épouse Édith Bratt après une longue attente qui lui avait été imposée jusqu’à il atteigne l’âge adulte (alors fixé à 21 ans). La Geste de Beren et de Lúthien, dans le Silmarillion, évoque certains aspects de cet amour romantique qui aboutira à la fondation d’une famille avec quatre enfants et à une longue vie commune jusqu’à la mort d’Édith, deux ans avant celle de Tolkien. Sur leur tombe, d’ailleurs, se trouve simplement l’inscription : Beren et Lúthien. Au moment du mariage, le 22 mars 1916, le SO est au DS, PL toujours au MC. Les mi-points SO=VE/UR et PL=VE/UR sont particulièrement éloquents : « émotivité extrême, être fou d’amour ».

Mais, comme dans les romans de chevalerie, aux épisodes amoureux succèdent des récits de guerre. En juillet 1916, Tolkien se trouve jeté dans la fournaise ardente de la bataille de la Somme, où il voit tomber tous ses amis de jeunesse. Lui-même ne devra son salut qu’à une maladie – la fièvre des tranchées – qui entraînera son rapatriement en Angleterre en novembre 1916. Au mois de juillet, MA passait sur l’AS, au carré de la conjonction VE-PL au MC, activant une sombre et lourde configuration dans laquelle figure la terrible triplice MA-SA-PL en liaison avec l’AS et le MC natal.

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Tolkien évoquera plus tard, dans une lettre adressée à son fils Christopher, alors engagé dans l’aviation britannique lors de la Seconde Guerre mondiale, les conditions dans lesquelles prit forme sa mythologie :

[Beaucoup de parties du Légendaire] ont été conçues dans des cantines miséreuses, lors de cours dans de froids brouillards, dans des baraquements au milieu de blasphèmes et d’obscénités, ou à la bougie dans des tentes coniques, et même quelques-unes dans des tranchées sous des tirs d’obus.

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Faisons maintenant un saut de vingt ans. 1937 est une année faste, avec le succès de Bilbo le Hobbit, paru le 22 septembre, et le début de la rédaction du Seigneur des Anneau, commencé à la mi-décembre. Cette fois, le mi-point NE/PL transite au carré de l’axe des Nœuds natal, tandis que le NS demeure stationnaire, durant tout l’automne 1937, sur la conjonction NE-PL natale. En outre, SA au Bélier passe au DS et active le carré ME-SA natal. Le jour même de la publication du Hobbit, qui va ouvrir à Tolkien les portes de la notoriété dans le grand public, le SO transite l’AS au début de la Balance.

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Nous tenons de Tolkien lui-même les informations relatives au début de la rédaction du Seigneur des Anneaux, à la demande de son éditeur, Allen & Unwin, désireux de fournir au public une autre histoire de hobbits. C’est bien autre chose que Tolkien allait rédiger, puisque le Seigneur des Anneaux n’est pas en réalité une continuation de Bilbo le Hobbit, mais bien le récit qui met un point final à sa mythologie qui s’étend de la Création du Monde jusqu’à la fin du Troisième Age et dont le déroulement fait l’objet du Silmarillion, publié de façon posthume par Christopher Tolkien en 1977.

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C’est grâce au Seigneur des Anneaux que Tolkien va passer de la notoriété, acquise par Bilbo le Hobbit, à la célébrité à travers le monde entier. Cet accomplissement de l’œuvre maîtresse de sa vie se traduit, astrologiquement, par l’évolution du cycle NE-PL, dont la conjonction blasonne le thème natal de l’auteur. Mais c’est au moment du septile évolutif que cette « signature astrologique » va révéler ses potentialités. Rappelons que, selon l’enseignement de Charles Harvey, la phase du septile correspond à « un influx d’inspiration, à une sorte de vision plus haute provenant de la perception de l’unité, de la globalité de l’idée derrière les parties qui l’expriment. [2] » Cette étape du septile a été franchie avec 1° d’orbe de novembre 1937 à l’été 1942, libérant dans le monde une énergie qui a été utilisée surtout de façon destructrice, mais qui a donné aussi lieu à des réalisations techniques et scientifiques remarquables (l’invention de la pénicilline ou les premiers vols réguliers à travers l’Atlantique). C’est précisément durant ces années que Tolkien entreprend sa nouvelle œuvre. Il se met au travail entre le 16 et le 19 décembre 1937 – le Seigneur des Anneaux débute ainsi juste un mois après le début du septile NE-PL.

Ted Nasmith – Adieu à la Lórien

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Vers la fin de 1941, Tolkien poursuit le récit jusqu’à l’épisode de la Lothlórien.

Ted Nasmith – Minas Tirith

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A la fin de 1942 il atteint le début du Livre III, mais il se trouve alors arrêté par la complication du récit de la Guerre de l’Anneau et du siège de Minas Tirith auquel il ne reviendra que plus tard, laissant son œuvre en plan jusqu’en avril 1944.

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Achevé en 1949, le Seigneur des Anneaux sera publié en 1954-1955. C’est le 29 juillet 1954 que sort la première partie, sous-titrée La Compagnie de l’Anneau. Le SO est au mi-point de JU-PL : « mise en œuvre avec succès d’une énorme force physique ou mentale, déclenchement d’effets magiques ». A ce moment, PL transite le mi-point NE/PL de la publication du Hobbit. On relèvera pour ceux qui s’intéressent aux trans-neptuniennes de l’École de Hambourg (fondée durant la Première Guerre mondiale par Alfred Witte, et dont Reinhold Ebertin s’est inspiré), que Vulcain se situe au mi-point de NE/PL dans le thème du 29 juillet 1954 : signature d’une volonté d’atteindre un résultat, de sortir de la clandestinité, de déployer une influence avec tact.

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En 1965, le Seigneur des Anneaux, publié aux États-Unis, connaît un véritable triomphe parmi la jeunesse, alors influencée par les mouvements hippies, qui adulaient certains aspects de cette œuvre d’une manière à vrai dire superficielle et qui déplaisait souverainement à Tolkien. C’est d’ailleurs afin de rétablir une plus juste image de Tolkien et de son œuvre qu’un écrivain, Mme Véra Chapman, fonda en 1969 la Tolkien Society dans le but d’étudier sérieusement l’œuvre de cet auteur. L’année 1972 fut pour Tolkien une année de consécration de sa renommée, puisqu’il reçut de la reine Élisabeth la médaille de l’Empire et qu’il fut fait Docteur honoraire ès Lettres par l’Université d’Oxford.

Le thème de 1965 présente l’opposition de SA-PL sur la VE natale du Seigneur des Anneaux, à 17° Vierge. Dans le thème du 28 mars 1972, le mi-point NE-PL transite au carré de l’axe des Nœuds – une signature déjà rencontrée maintes fois.

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On retrouvera, lors de la sortie de la première partie du film de Peter Jacskon , le 19 décembre 2001, la double marque des cycles SA-PL et NE-PL. En effet, cette période est marquée par l’opposition SA-PL qui touche la conjonction natale NE-PL au début des Gémeaux. En outre, JU transite sur le mi-point NE/PL qui tombe sur le SO natal de Tolkien : configuration qui témoigne du succès de cette transposition de l’œuvre au cinéma qui touche le grand public et mise en œuvre avec des moyens financiers et techniques considérables. Mais le SO de Tolkien au mi-point de NE/PL en transit pourrait aussi témoigner d’une sorte de captation du génie créateur de l’auteur du Seigneur des Anneaux par une entreprise commerciale de grand style.

Une autre configuration peut être relevée ce moment-là : SA en transit sur la conjonction NE-PL natale de Tolkien se trouve en double trigone avec NE en Verseau et avec Zeus en Balance (formant le mi-point SA/NE=Ze) : cela peut se rapporter à des « obstacles dans la production qui se manifestent de façon chronique » ou à une « contamination des descendants ». Faudrait-il interpréter cela comme une sorte de trahison de l’œuvre, le film faisant écran désormais, pour les générations du XXIe siècle, à l’œuvre elle-même ? Le transit de Kronos sur le MC de Tolkien est, pour sa part, le signe d’une autorité, d’un pouvoir autonome : serait-ce celui du réalisateur qui impose désormais au monde sa propre conception de l’œuvre ?

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Une autre configuration tout à fait remarquable signe cette sortie fracassante du film de Peter Jackson le 19 décembre 2001. Cette configuration engage, une fois de plus, le septile NE-PL qui, après sa phase de 1937-1942, contemporaine de la rédaction du Seigneur des Anneaux, se reproduit entre 1999 et 2014 – période qui devrait être faste pour le rayonnement de l’œuvre de Tolkien dans le monde. Rappelons que la position de JU au mi-point de NE/PL signe un amour universel, l’accès à des vérités supérieures, la joie intérieure. En septième harmonique, les aspects de JU à NE et à PL sont indicateurs de quelque chose qui est inspiré par la grandeur et la noblesse : on peut reconnaître à Peter Jackson d’avoir ressenti et réussi à transmettre dans son film la grandeur et la noblesse qui se dégagent du Seigneur des Anneaux.

Ayant eu la curiosité, après l’analyse de cette configuration somme toute assez classique, d’aller regarder quelles étaient les positions des trans-neptuniennes de l’École de Hambourg au moment de la sortie du film de Peter Jackson, j’avoue avoir été stupéfié par le tableau qui en ressortait, présentant une multitude de relations en septième harmonique (septiles, bi-septiles ou tri-septiles). Selon Charles Harvey, la septième harmonique révèle ce qui inspire ou captive l’âme, elle éclaire la mythologie personnelle d’un individu ou d’une collectivité, elle caractérise les héros que l’on se donne : quelle merveilleuse porte d’entrée pour explorer le Légendaire de Tolkien que cette extraordinaire configurations de septiles où les trans-neptuniennes viennent s’associer au septile NE-PL activé par le mi-point de JU ! Le tableau est si riche que je n’ai pas voulu me risquer à l’interpréter avant d’avoir approfondi ma connaissance de l’École de Hambourg, et je réserve l’interprétation de cette figure pour une autre occasion où j’aurai à parler de Tolkien.

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Je voudrais toutefois signaler au passage une particularité tout à fait remarquable durant les années 2006 et 2007, qui associe le septile NE-PL à un autre septile de longue durée entre Vulcain et Poséidon. Pour moi en tout cas, il est émouvant de pénétrer dans un royaume élargi jusqu’aux limites de la Ceinture de Kuiper, et dans une structure cyclique où NE-PL - qui, dans le système classique de l’astrologie mondiale telle que la conçoit, par exemple, André Barbault, constitue le cycle le plus lent – devient en quelque sorte un cycle rapide au regard des cycles très lents des trans-neptuniennes. Il y a sans doute là matière à un élargissement de l’astrologie mondiale jusqu’aux extrêmes limites de notre système solaire, qui s’étendent bien au-delà de PL.

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Revenons à Tolkien pour conclure notre propos. Nous sommes partis du thème de naissance de l’auteur, au moment de la conjonction NE-PL de 1892 et avec SA à l’AS. Les cycles NE-PL et SA-PL ponctuent bien plusieurs des dates essentielles de la vie et de l’œuvre de Tolkien.

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Le 27 mai 2003, j’achevais la rédaction d’un livre de synthèse consacré à l’ensemble de l’œuvre de Tolkien aujourd’hui publiée en anglais, et intégrant le meilleur de la critique anglo-saxonne et de la critique en français de son œuvre. Ce Chant du Monde, rédigé en trois mois à raison d’un chapitre par semaine, est issu de la proposition qui m’avait été faite par un éditeur. Passionné de Tolkien depuis la découverte du Seigneur des Anneaux, le lundi de Pentecôte 1976, je n’envisageais nullement d’écrire jamais quoi que ce soit à son propos. Le jour où j’ai achevé la rédaction de mon livre, une conjonction SA-Kronos transitait à 0° Cancer sur le MC de Tolkien, et Poséidon transitait mon AS, à 5° du Scorpion : peut-être pourrait-on y voir la signature céleste de la transmission aux lecteurs de ce livre d’un message d’ordre spirituel placé sous la haute et bienveillante autorité de Tolkien.

Charles Ridoux
Amfroipret, le 17 avril 2006

Notes

[1] RIDOUX Charles, « Autour du thème de J.R.R. Tolkien », Cahiers d’Univers-Site n° 54, août 2003 et n° 56, octobre 2003.

[2] BAIGENT Michael, CAMPION Nicholas, HARVEY Charles, Mundane Astrology, Thre Aquarian Press, Wellingborough, 1984. - Traduit en français par Ch. Ridoux sous le titre : Astrologie mondiale, Paris, Editions du Rocher, 1995, pp. 207-208.