Tolkien et Čiurlionis : Deux visionnaires des temps anciens

Vilnius – Septembre 2005

Mardi 18 mars 2008, par Charles RIDOUX // 3. Tolkien - Čiurlionis

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Tolkien et Čiurlionis : il pourrait, au premier abord, sembler étrange de relier ces deux noms qui se rattachent l’un et l’autre à des aires culturelles différentes, à des époques distinctes et à des domaines variés (la peinture et la littérature). Si nous avons été amené à opérer ce lien entre leurs deux œuvres, c’est que nous y avons décelé une profonde parenté spirituelle entre deux visionnaires, considérés tous deux comme des inclassables dans leurs domaines respectifs et chacun d’eux étant le créateur d’un univers imaginaire d’une profonde originalité et d’une singulière beauté.

Une chose est certaine : Mikalojus Konstantinas Čiurlionis, peintre et compositeur lituanien né en 1875 et mort en 1911 n’a pu connaître l’œuvre de l’écrivain anglais J.R.R. Tolkien né en 1892 et mort en 1973. Et il est quasi certain aussi que Tolkien n’a pas eu connaissance, malgré tout l’intérêt qu’il pouvait porter envers les mythologies de l’Europe du Nord, de l’œuvre de Čiurlionis, demeurée longtemps, du fait des circonstances historiques, à l’écart des grands courants culturels du XXe siècle. S’il existe entre ces deux visionnaires une véritable parenté spirituelle, cela ne tient pas aux jeu des influences dont sont si friands, en général, les historiens de l’art et de la littérature. Cette parenté relève de quelque chose qui est présent dans l’air du temps, qui doit se manifester dans le monde de diverses manières et en des lieux différents.

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Tolkien et Čiurlionis présentent tous deux une première particularité, qui est d’un ordre encore superficiel, c’est qu’ils ont exploré chacun au moins deux domaines dans la pratique artistique. Čiurlionis, on le sait, était à la fois musicien et peintre – bien que sa vocation profonde semble bien avoir été la peinture plus que la musique, qui fut une vocation de jeunesse héritée de sa famille, même s’il continua de composer jusqu’à la fin de sa vie. Quant à Tolkien, on le sait moins en général, à côté de son activité de philologue et d’écrivain, il fut aussi, dès le temps de sa jeunesse et jusqu’à ses derniers jours, un peintre et un dessinateur de talent, même si son génie propre était d’abord l’amour des mots, des langues et des récits. Cependant ce qui les unit est d’une nature beaucoup plus profonde : c’est l’ampleur de leur vision qui les rend capables de manifester au monde un univers en apparence sans rapport avec notre monde ordinaire, mais qui s’impose avec évidence dans sa splendeur et sa majesté. Ce qui confère à cet univers sa magnificence et sa profondeur, c’est qu’il réveille en nous des mémoires immémoriales, qu’il nous fait entrer de plein pied dans le monde des temps anciens, ceux des légendes et des grands mythes fondateurs. Nous rencontrons chez Tolkien et chez Čiurlionis une communauté de thèmes très frappante dans certaines œuvres et, plus largement, une inspiration qui semble puiser à des sources proches : le sens du cosmos issu du chaos, une vision cyclique et involutive de l’histoire, la prescience de bouleversements cataclysmiques. Chez l’un et l’autre on est frappé par un sentiment commun de la fragilité de la civilisation et des menaces d’un effondrement chaotique ; chez Čiurlionis, c’était peut-être le pressentiment de la guerre qui vient, tandis que Tolkien a fait lui-même l’expérience cruelle de la Première Guerre mondiale dans les tranchées de la Somme durant l’année 1916.

C’est à ces convergences thématiques entre le Légendaire de Tolkien et l’œuvre picturale de Čiurlionis que nous allons consacrer notre intervention dans le cadre de ce colloque de Vilnius. Dans quelques jours, à Kaunas, nous poursuivrons ce parallèle en examinant les rapports entre l’œuvre de Tolkien comme artiste et illustrateur avec celle de Čiurlionis.

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Čiurlionis – Sonate de la Mer – Finale

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Tolkien a toujours été profondément marqué par la vision d’une vague énorme engloutissant un continent entier – vision qui fait naturellement penser au mythe de l’Atlantide évoqué par Platon. Cette hantise de l’Atlantide était chez lui un cauchemar récurrent depuis son enfance, et l’un de ses fils, Michael, avait hérité de lui ce cauchemar que Tolkien considérait lui-même comme une sorte de mémoire ancestrale. [1] Dans son œuvre, le thème de la vague se présente à plusieurs reprises, en particulier à la fin du Second Age, qui s’achève sur l’engloutissement de Númenor, l’île prestigieuse située entre la Terre du Milieu et le Royaume Béni des Valars à l’extrême-occident. Chez Tolkien, la création imaginaire procède de l’invention de langues, telles que le quenya et le sindarin, qui sont les langues des Elfes, ou l’adûnaic, qui est celle des Númenoréens. Or dans le Silmarillion, le récit de l’engloutissement de Númenor porte le titre d’Akallabêth  ; en langue adûnaic, celle des Númenoréens, ce terme signifie « l’effondrement, l’engloutissement ». Par ailleurs, Tolkien souligne dans sa correspondance la proximité du mot quenya atalantie (une des langues elfiques) avec « Atlantis ». [2]

A la fin du Second Age, c’est par une vague gigantesque que s’achève, dans le Silmarillion, le récit de la submersion de Númenor :

A la fin, une vague haute comme une montagne, verte et glacée, empanachée d’écume, vint recouvrir la terre et prendre en son sein Tar-Míriel, la Reine plus pure que l’argent, l’ivoire ou les perles. Elle voulut trop tard escalader les pentes du lieu sacré sur le Meneltarma les eaux l’emportèrent et son cri se perdit dans les hurlements du vent. (Le Silmarillion, p. 276)

Cette « vague haute comme une montagne, verte et glacée, empanachée d’écume », suggère aussitôt la comparaison avec le Finale de la Sonate de la Mer de Čiurlionis, dont Marc Etkind a souligné la puissance impressionnante, évoquant « la dynamique sauvage de la terrible diagonale montante, formant comme une main monstrueuse aux doigts d’écume » [3].

Un des dessins de Tolkien, intitulé Mer, vent et sable, illustre un poème datant de 1917, qui a pour titre les Cors d’Ylmir et qui évoque la chute d’un royaume elfique, la cité cachée de Gondolin :

Le fracas d’immenses assauts répétés

Secouait le monde sous mon rocher,

Et la muraille du pays

Dans un chaos se détruisit.

Le choc fit vaciller la terre ;

Une montagne d’eau, en rugissant,

Fit un mur noir éclaboussant,

Fontaines de désastres qui s’écrasèrentEn cascades, m’assourdissant. (Hammond, pp. 45-46)

On retrouvera le même motif à la fin du Troisième Age, dans le Seigneur des Anneaux. Du haut des murs de Minas Tirith, assiégée par les armées du Seigneur Ténébreux, Faramir contemple le spectacle de la chute de Sauron :

Bientôt, il leur sembla qu’au-dessus des crêtes lointaines s’élevait une autre vaste montagne de ténèbres, dressée comme une vague qui allait engloutir le monde, et des éclairs luisaient dedans par intermittence ; puis un tremblement parcourut la terre, et ils sentirent les murs de la Cité vaciller. Un son semblable à un soupir s’éleva de toutes les terres environnantes ; et leurs cœurs battirent soudain de nouveau. — Cela me rappelle Númenor, dit Faramir. (Le Seigneur des Anneaux, p. 1026)

La description de la chute de Barad-Dûr, la sombre forteresse de Sauron, reprend l’image d’une vague déferlante :

Les tours tombèrent et les montagnes glissèrent ; les murs s’émiettèrent et fondirent, s’écroulant avec fracas ; de vastes spires de fumée et des vapeurs jaillissantes montèrent, toujours plus haut jusqu’à ce qu’elles déferlèrent comme une vague irrésistible, dont la crête ondulante et impétueuse s’abattit en écumant sur la terre. (Seigneur des Anneaux, p. 1010)

Pour Tolkien comme pour Čiurlionis, la mer et la forêt apparaissent comme deux lieux privilégiés de l’imaginaire. La Mer et La Forêt, ce sont, bien sûr, les deux poèmes symphoniques de Čiurlionis, qui a connu la mer à Palanga, sur les dunes de sable doré des bords de la Baltique. Tolkien lui aussi était fasciné par ces deux éléments naturels, éprouvant un amour tout particulier pour les arbres, et l’on trouve dans son œuvre littéraire et picturale de nombreux témoignages éloquents de sa proximité avec ces deux éléments que l’on pourrait qualifier, à la suite de Victor Hugo, comme des « promontoires du songe ».

La dimension cosmique, sensible chez Tolkien comme chez Čiurlionis, remonte jusqu’au moment même de la Création. Le Silmarillion de Tolkien, publié après la mort de l’auteur par son fils Christopher, en 1977, s’ouvre sur un magnifique récit de la Création présentée au moment de sa conception comme une Grande Musique exécutée par des esprits divins, les Ainur, à partir de thèmes qui leur sont proposés par Eru, le Dieu unique. Mais l’acte même de la Création demeure la prérogative suprême d’Eru, qui seul à accès à la Flamme Éternelle, et qui prononce la parole créatrice , équivalente au Fiat lux de la Genèse.

Čiurlionis – Cycle de la Création - 1

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Čiurlionis – Cycle de la Création - 2

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Or ce récit de la Création, qui porte chez Tolkien le nom d’Ainulindalë, le Grand Chant des Ainur, est en résonance avec deux œuvres de Čiurlionis. Les deuxième et troisième tableaux du Cycle de la Création de Čiurlionis esquissent le motif de la parole créatrice, présentant le visage hiératique du Créateur sur le premier tableau et la parole créatrice Stan sie ! sur le second, surplombée d’une main qui symbolise la puissance de la divinité.

Čiurlionis – Rex

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Quant au motif de la Flamme Éternelle, source de vie et de puissance créatrice, il est présent, nous semble-t-il, dans le tableau Rex, qui date de 1909 et qui témoigne, par ses dimensions plus amples qu’à l’ordinaire, d’une évolution possible du génie de Čiurlionis vers un renouvellement de son expression artistique [4]. Nous voyons, dans la partie inférieure de ce tableau un globe constitué de deux hémisphères se reflétant comme dans un miroir, qui paraît figurer le monde terrestre, et où s’élève, à partir du socle d’une pyramide, une flamme blanche. C’est à ce tableau que nous avons aussitôt songé lors de notre lecture du récit de la Création dans l’Ainulindalë de Tolkien – même si ce thème de la Flamme Eternelle est loin de résumer à lui seul toute la richesse symbolique contenue dans cette œuvre maîtresse de Čiurlionis.

Parmi la critique anglo-saxonne sur Tolkien, un des ouvrages les plus remarquables est le livre de Verlyn Flieger, intitulé Splintered Light, qui explore l’univers de Tolkien à partir du thème de la diffraction de la lumière incréée dans le monde, selon une conception proche de celle qui est exposée dans la philosophie de Platon ou dans la théologie du Pseudo-Denys l’Aréopagite. Au pôle le plus bas de la hiérarchie des êtres, on trouve le Seigneur Ténébreux, incarné dans l’œuvre de Tolkien d’abord sous la forme de Morgoth, qui représente pour ainsi dire la présence du Mal inscrite dans la nature physique du monde (dans les manifestations extrêmes de la chaleur ou du froid – les volcans et les glaces éternelles), et sous la forme de Sauron, dont le dessein est de pervertir la Création divine en s’assurant la domination sur les esprits des créatures, en particulier sur les Elfes et sur les Humains.

Čiurlionis – Ballade du Soleil Noir

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Le thème de l’Ombre qui s’étend sur le monde est une des dominantes du Seigneur des Anneaux, et c’est pour résister à l’envahissement de cette Ombre que se constitue la Communauté de l’Anneau, sous la haute protection de gardiens capables de résister à l’attrait du pouvoir corrupteur. Deux œuvres de Čiurlionis évoquent un monde susceptible d’être dominé par la puissance des Ténèbres : la Ballade du Soleil Noir, dont la sinistre forteresse crénelée évoque Barad-Dûr, la citadelle de Sauron, et le tableau intitulé Démon, où l’ange aux ailes noires, planté avec arrogance entre des constructions architecturales qui évoquent l’antiquité païenne et le monde chrétien, pourrait faire penser au défi qu’adresse le Seigneur Ténébreux envers les Valars qui résident dans le Royaume Béni de Valinor.

Čiurlionis – Démon

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Ce sens des représentations architecturales d’époques variées constitue l’une des caractéristiques du génie propre de Čiurlionis [5]. La représentation de cités englouties et de civilisations disparues est un thème de prédilection dans l’art et dans la littérature de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle, comme en témoigne, par exemple, l’œuvre de Ridder Haggart. Chez Tolkien, le Silmarillion raconte longuement l’histoire tragique des royaumes elfiques de Doriath, de Gondolin et de Nargothrond qui finissent tous par périr, victimes de la haine de Morgoth et des divisions régnant entre les princes elfiques. Cette évocation de civilisations prestigieuses remontant à des époques légendaires dont seules ont conservé le souvenir d’antiques légendes, permet l’ouverture de la mémoire à des temps immémoriaux, mémoire que le peintre ou le romancier portent au fond d’eux-mêmes et qui éveille de singulières résonances dans le cœur de ceux qui contemplent les tableaux de Čiurlionis ou se délectent des récits de Tolkien. La remontée aux Ages anciens s’effectue de façon privilégiée par le biais des légendes.

Čiurlionis – Le Voyage du Prince

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Ici encore, certains tableaux de Čiurlionis font penser à des passages précis de l’œuvre de Tolkien. Ainsi le Voyage du Prince, qui vogue sur un navire dans les cieux, ne peut manquer de faire songer le lecteur de Tolkien au navire-étoile d’Earendel et au poème Le Voyage d’Earendel, l’Étoile du Soir, inspiré par un vers du Crist de Cynewulf, qui est à l’origine de la mythologie créée par Tolkien : « Il lança son esquif comme un éclair d’argent ».

Čiurlionis – Légende des Rois

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Un autre tableau de Čiurlionis, parmi les plus beaux, la Légende des Rois, évoque une ambiance empreinte de sacré, de silence, de bienveillance et d’une plongée dans les profondeurs de temps immémoriaux. En résonance avec cette légende, nous trouvons deux passages au moins dans l’œuvre de Tolkien, qui respirent une même ambiance de sacré et de méditation à propos de sujets graves et lointains. Tout d’abord, dans le Silmarillion, une scène représente les Valars – assimilés par Tolkien lui-même d’abord à des dieux antiques puis à des archanges – rassemblés en silence et formant un cercle pour écouter le chant de Yavannah, qui va redonner vie aux Arbres de lumière de Valinor souillés par la malice de Morgoth. Les Valar sont représentés « assis sans mot dire sur les trônes du conseil dans le Mahanaxar, le Cercle du Destin, près des portes d’or de la cité » (Le Silmarillion, p. 30). Ensuite, dans le Seigneur des Anneaux, nous trouvons un curieux et émouvant passage : les sages qui ont guidé jusqu’à la victoire la Communauté de l’Anneau - Gandalf, Elrond et Galadriel - ont des entretiens silencieux, assis sous les étoiles durant les nuits argentées de septembre :

Si quelque voyageur était passé par là, il n’eût pas vu ni entendu grand-chose, et il lui eût simplement semblé voir des formes grises sculptées dans la pierre, en mémoire de choses oubliées à présent perdues dans les régions dépeuplées. Car ils ne bougeaient ni ne parlaient oralement, se regardant d’esprit à esprit ; et seuls leurs yeux remuaient et s’allumaient dans le va-et-vient de leurs pensées. (Seigneur des Anneaux, p. 1049)

C’est bien une même « nuit argentée de septembre » que l’on retrouve dans la Légende des Rois de Čiurlionis, avec ces personnages hiératiques et d’une extraordinaire bienveillance, immobiles au milieu de la forêt, sous un ciel bleu-noir où scintillent les étoiles.

Dans son œuvre musicale, Čiurlionis a composé plusieurs chansons populaires de Lituanie en résonance avec les légendes évocatrices de temps anciens. Chez Tolkien, la chanson est omniprésente, en tout cas dans le Seigneur des Anneaux, et elle constitue l’un des moyens privilégiés – avec le rêve et le voyage dans le temps – pour rejoindre les Ages anciens. Cet attrait pour la chanson populaire est sans doute un héritage de la période romantique, et l’on peut rappeler que le grand poète Adam Mickiewicz a fait un éloge exalté de la chanson populaire :

Chants populaires ! Arche d’alliance entre les temps anciens et les nouveaux, c’est en vous qu’une nation dépose les trophées de ses héros, l’espoir de ses pensées et la fleur de ses sentiments (…) O chanson populaire ! tu es la garde du temple des souvenirs nationaux. [6]

Tolkien a été profondément marqué par le Kalevala composé par Elias Lönnrot à partir de chants recueillis auprès des paysans finnois et des villageois de Carélie Orientale dans les années 1830. C’est le Kalevala¸qui inspire à Tolkien l’un de ses récits épiques les plus sombres et les plus dramatiques, la « Geste de Túrin Turambar ».

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On pourrait sans doute, en prolongeant cette exploration simultanée des œuvres de Tolkien et de Čiurlionis, mettre au jour d’autres correspondances. Celles que nous avons évoquées suffisent, nous semble-t-il, à établir la parenté spirituelle qui existe entre ces deux visionnaires sans qu’il soit question d’influence dans un sens ou dans l’autre. Comment expliquer le mystère de cette parenté spirituelle ? Il conviendrait peut-être de creuser du côté des influences qui ont contribué à forger l’esprit du peintre lituanien et du romancier anglais. Certains auteurs ont relevé l’attrait de Čiurlionis pour les doctrines orientales, et l’on pourrait imaginer peut-être un terreau favorable dans le milieu constitué par le groupe du Monde de l’Art, si l’on songe qu’une personnalité comme Nicolas Roerich connaissait et appréciait l’œuvre de Čiurlionis. Pour ce qui est de Tolkien, sa passion pour les mythologies de l’Europe du Nord remonte à son enfance et l’a conduit plus tard à apprendre des langues aussi difficiles que le gallois ou que le finnois.

Quelles que soient les raisons de cette parenté spirituelle entre Tolkien et Čiurlionis, il nous ‘est agréable de constater l’actualité vivace de ces deux œuvres durant cette première décennie du XXIe siècle, et l’on peut formuler le vœu que l’influence de chacun de ces visionnaires contribue au « ré-enchantement du monde » qui en a grand besoin.

Charles Ridoux
Amfroipret, le 11 juin 2005

Notes

[1] Letters, p. 213 – Lettre à W. H. Auden, 7 juin 1955.

[2] Letters, p. 347 – Lettre à Christopher Bretherton, juillet 1964.

[3] (Etkind, pp. 100-101)

[4] Mstislav Doboujinski évoque à ce propos la perspective d’un « art monumental » que les membres du groupe Mir iskusstva (Le Monde de l’art) conseillaient à Čiurlionis d’entreprendre. Cf. Čiurlionis : Painter and Composer, ed. Stasys Goštautas, Vaga, Vilnius, 1994, p. 164.

[5] Cf. l’article de Valerian Khoudovski inclus dans l’ouvrage Čiurlionis : Painter and Composer, p. 137.

[6] Cité dans GOURVIL Francis, « Théodore-Claude-Henri Hersart de La Villemarqué (1815-1895) et le « Barzaz-Breiz » (1839-1845-1867). Origines. Éditions Sources. Critique. Influences, Rennes, Oberthur, 1960, p. 82.

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