Plaidoyer
pour un enseignement
de la mondiale
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Projet de conférence pour la rencontre d’Univers-Site
à Palavas (24-26 août 2001).
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L’astrologie mondiale au XXe siècle : deux approches
Si l’on considère d’un peu haut l’évolution de l’astrologie mondiale au cours du XXe siècle, on observe le passage d’une approche mécaniste, qui repose sur une sorte de code rhétorique, tel qu’on en trouve d’ailleurs dans nombre de traités d’astrologie généthliaque à une approche que nous appellerions volontiers « synthétiste ». Pour ne citer que les meilleurs et les plus honorables représentants du courant mécaniste, qu’il nous suffise de mentionner le petit précis de Raphael, paru à Londres en 1910 sous le titre de Mundane Astrology, où les éléments déterminants pour la prévision sont la référence aux Ingrès solaires et aux Lunaisons ainsi que les positions des planètes dans les Maisons de thèmes nationaux ; et, dans le domaine francophone, nous avons en vue le Traité pratique d’astrologie mondiale d’Horricks et Michaux, paru à Bruxelles en 1941, qui combine une partie théorique qui demeure pleinement « mécaniste » avec une prise en compte audacieuse pour l’époque - et sans doute marquée par l’influence de Gustave-Lambert Brahy - des cycles planétaires (notamment dans le schéma intitulé « Thème évolutif de l’humanité » qui est proposé vers la fin de l’ouvrage). C’est sans doute aux thèses de Brahy, exposées dès 1932 au 56e Congrès de l’association française pour l’avancement des sciences et reprises en 1934 dans la première édition de son ouvrage intitulé Fluctuations boursières et influences cosmiques, qu’il faut faire remonter une première synthèse d’ensemble reposant sur la prise en compte des cycles des planètes lentes - bien que Brahy ait eu des prédécesseurs de marque dans le domaine de l’astrologie financière (en particulier l’exceptionnelle figure de W.D. Gann aux États-Unis, qui avait prédit avec précision l'éclatement de la guerre en 1914 et qui fut le seul prévisionniste financier de renom à annoncer à l'avance le krach de Wall Street de 1929, étant le premier à utiliser la formule de « Vendredi Noir »).
« Enfin Malherbe vint » : c’est à nos yeux le plus beau titre de gloire d’André Barbault que d’avoir campé fermement, durant toute sa longue carrière astrologique, sur le terrain solide des cycles des planètes lentes pour se livrer à une exploration historique des XIXe et XXe siècles ainsi que pour appuyer ses nombreuses prévisions mondiales - avec une part inévitable d’erreurs, mais également avec des réussites enviables. Quoi qu’il en soit du « tableau de chasse » prévisionnel, c’est avant tout sur la méthode qu’il faut, nous semble-t-il, juger de l’apport d’André Barbault, dont nos confrères britanniques ont par ailleurs reconnu avec force et reconnaissance tout l’intérêt. L’approche cyclique a le mérite d’intégrer les rythmes fondamentaux du système solaire dans le cadre d’une synthèse dont l’Indice cyclique tente de donner une représentation dynamique ; par ailleurs, les corrélations établies entre divers cycles et certains phénomènes historiques (en particulier le cycle SA-NE et les destinées du communisme russe ou les relations entre les cycles JU-NE et les républiques françaises) se justifient du fait qu’elles ne sont pas ponctuelles - reposant sur de simples coïncidences au moment des conjonctions - mais qu’elles englobent le déroulement cyclique tout entier, dans ses diverses phases dissonantes et harmoniques, de la conjonction à l’opposition, puis de l’opposition à la conjonction suivante. Certes, l’on peut discuter - et il serait d’ailleurs souhaitable que l’on en discutât davantage - aussi bien de l’Indice cyclique, qui privilégie la phase de la conjonction au détriment de l’opposition et laisse dans l’ombre les carrés ascendant et descendant, que de la validité de telle ou telle corrélation.
Le collectif et l’individuel
Le sujet du colloque d’Univers-Site de décembre 2000 partait d’une interrogation sur les frontières de l’astrologie, en particulier sur l’appréhension par l’astrologie de l’individuel et du collectif. La thèse selon laquelle « les événements collectifs ne sont vraisemblablement que la résultante des événements au niveau individuel » (Jacques Halbronn) nous paraît réductrice, passant à côté de la spécificité de l’Histoire et des structures collectives dont hérite un individu en venant au monde (sa langue, la nature et le statut de l’État auquel il est intégré, la nature des structures familiales et du système éducatif en cours, la prospérité économique ou les restrictions de toute nature, l’état de guerre ou de paix, etc.). Le « tout » - le collectif - ne se réduit pas à la somme des parties - l’addition des innombrables pulsions individuelles. Les romanciers qui s’attachent à mettre en valeur la trame des destinées individuelles au travers des tribulations de l’Histoire - nous pensons au Tolstoï de Guerre et Paix, à Roger Martin du Gard dans Les Thibault ou encore à Soljénitsyne dans sa monumentale fresque historique de La Roue Rouge - témoignent précisément de la tension existant entre ces deux sphères de l’individuel et du collectif et nous montrent comment les intérêts, les objectifs individuels - quête du bonheur, de l’amour, de la vérité, des honneurs - sont pulvérisés à certains moments d’incandescence de l’histoire, au cours des guerres ou des révolutions. Il existe certainement une dialectique entre individuel et collectif et l’astrologie nous semble à même d’ailleurs de rendre compte des liens entre ces deux sphères. D’une part, grâce à la prise en considération des cycles des lentes, par ce qu’on appelle généralement des « aspects de génération » (par exemple, la génération de la conjonction UR-PL des années soixante, qui a connu les tensions de la révolution culturelle en Chine et les turbulences de la jeunesse étudiante à travers le monde entier) ; mais aussi par une étude plus précise de ce que nous serions tenté de nommer des « solidarités générationnelles » que l’on peut appréhender au travers du thème nodal - qui est un thème trans-personnel concernant tous les individus nés durant une certaine période allant de quelques jours à quelques semaines. Ainsi, sur le plan des « aspects de génération », tous les natifs de 1962 à 1966 sont marqués par le transit de PL dans la zone de 10° à 17° Vierge (PL rejoint dans cette zone par UR à partir de 1964) ; mais les natifs de 1’été 1962 auront en outre un élément commun de « solidarité générationnelle » du fait de la rétrogradation de SA en dissonance de l’axe des Nœuds, tandis que ceux de l’automne 1963 seront marqués par un carré de JU à l’axe des Nœuds, et que les natifs du printemps et de l’été 1965 (d’avril à août) porteront l’empreinte de l’intrication entre l’axe des Nœuds avec la lourde configuration de cette époque, l’opposition UR-PL en Vierge à SA-Chiron en Poissons. On pourrait, bien sûr, affiner le tableau en précisant, dans ce cadre général, les « solidarités générationnelles » plus particulières relevant des transits de JU, de MA et du cortège solaire sur cette zone. Il serait sans doute intéressant de voir comment ces différents groupes générationnels réagiront au cours du transit de l’opposition SA-PL dans la même zone durant les années 2001-2002. Il nous semble tenir là, avec cette technique des « solidarités générationnelles », un outil susceptible d’éclairer la liaison entre le collectif et l’individuel.
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